GRAND TOUR DU MUSTANG



« Antarctica » pas de rapport avec le Népal et le royaume du Mustang… Pourtant…

Cette belle goélette, conçue par le Docteur Jean-Louis Étienne pour étudier la banquise de l’Arctique, Paul Pellecuer la connaît bien. Il a navigué à son bord depuis Port Stanley (Falkland de l’est) jusqu’à la Géorgie du Sud (58°S) dans l’Antarctique. C’était avec « Les Montagnes du Silence » fin 2004. Il s’agissait pour Paulo de parcourir, avec des sourds, la route que Schakleton avait suivie avec tout son équipage après le naufrage de l’Endurance, pris par la banquise, fin 1915, au large de la Géorgie du Sud. Et c’est à bord de la belle goélette « Antarctica », rebaptisée « Seamaster » puis « Tara » que Paulo a gagné cette grande île et a pu mener à bien l’expédition « Les Montagnes du Silence » ; tout comme Sir Ernest Schakleton avait ramené sains et saufs les 28 hommes de son équipage (cf. « Les Montagnes du Silence » Éditions Guérin – Chamonix).

Alors, quel rapport avec le Népal ?

Celui-ci : au cours d’une visite chez lui, Paulo me parlait montagnes et sommets bien sûr, et aussi altitude, silence, beauté, calme, amis et encore bruit, tempête, vent, vagues, bateau et « Montagnes du Silence » et « Tara » Il est disert le guide de haute montagne !

J’avais pu admirer l’ex « Antarctica » à l’occasion d’un départ de course, peut-être le Vendée Globe ou la Route du Rhum, je ne sais plus. Je demandais alors à Paulo ce que « Tara » signifiait ou voulait dire. Il me répondit « Si tu viens au Népal avec moi parcourir le royaume du Mustang, tu sauras… peut-être et tu écouteras le silence des montagnes ». Propos pour le moins énigmatique. Me rendre dans l’Himalaya que je n’avais vu que de très loin et très haut depuis un petit hublot de B 747 tentait un peu beaucoup

(01) Alors je suis parti avec Paulo pour le « Grand Tour du Mustang » découvrir ce royaume encore interdit aux étrangers il y a peu, contempler, admirer de près et écouter le silence des grands 8 000… et aussi tenter de percer le mystère du nom de la belle goélette « TARA », celle des « Montagnes du Silence », de ceux qui, souvent très bavards, vivent hors de tout bruit. C’était fin septembre à mi-octobre 2008.

LE GRAND TOUR

Nous rendre de Paris à Kathmandu nous aura permis de découvrir brièvement, d’entr’apercevoir Manama la capitale de Bahreïn. Dîner, nuit et petit déjeuner dans un hôtel de qualité ; trajets en autocar depuis et jusqu’à l’aéroport.

Trajets suffisamment longs pour se faire une vague idée de ce petit archipel situé sur le golfe persique et relié à l’Arabie Saoudite par un pont. Un air chaud, humide et brumeux, et des tours à l’architecture pharaonique dispersées entre des avenues larges comme des autoroutes bordées de palmiers maigrichons et déplumés. Apparemment, ça ne vaut pas une visite approfondie, mais ce n’était qu’une escale bienvenue, confortable, amusante et instructive.

Avant d’atterrir à Kathmandu, on longe un bon moment la chaîne himalayenne et la vision des lointains sommets enneigés nous laisse envisager de superbes spectacles quand nous y serons ; les pieds sur terre moins hauts et plus proches qu’en avion.

KATHMANDU

Quand on vole vers l’est, les journées sont courtes. Nous atterrissons à Kathmandu en fin d’après-midi. Après les formalités d’usage pour entrer au Népal, Sujit nous attendait. Retrouvailles amicales de Paulo et Sujit. Direction le « Yak et Yeti », hôtel très confortable, très « anglais ». La Grande Bretagne a reconnu l’indépendance du Népal en 1923, l’influence anglaise est restée très présente. « Briefing » avec Sujit au bar, puis dîner buffet fort bienvenu, copieux et roboratif après les plateaux-repas des compagnies aériennes.

(02) Le lendemain matin de bonne heure, c’est en minibus que Sujit notre guide à Kathmandu nous accompagne vers le Monkey Temple. C’est à Swayambhunath, « la colline aux singes » à quelques kilomètres du centre-ville. Là on trouve une certaine paix et un silence bien reposant après le vacarme, le brouhaha, le charivari, le tohu-bohu, les coups de klaxon continuels des autos et l’odeur pestilentielle du gasoil des pots d’échappement ; une circulation abracadabrante où les piétons, les bicyclettes, les motos, les rickshaws, les autobus et les voitures se livrent un combat dantesque, mais toujours courtois pour passer en force, avec le sourire. Ne sourient pas quelques vaches sacrées ruminant un flegme mélancolique dans cette pittoresque cacophonie.

Les Népalais ont le sourire et le rire faciles, ils sont aimables, polis et gais, tous, femmes, hommes, enfants et vieillards. Les Népalais sont gentils et nous ne pensons pas que c’est un air qu’ils se donnent. Ils sont bienveillants et gentils.

Au sommet de la colline et entouré de grands arbres se dresse un grand « stûpa » (nous en verrons beaucoup, des petits, des moyens, des grands). C’est un monument bouddhique de base cubique surmonté d’une coupole. La colline aux singes, comme son nom l’indique, grouille de petits singes qui courent en tous sens, sautent d’arbres en arbres, vous passent entre les jambes, piaillant et quémandant les cacahuètes que vous proposent des gamins pour quelques roupies.

(03) Et le Bouddha du grand stûpa, les yeux cerclés de bleu au-dessus du « ek » (le chiffre 1 en népalais, il a la forme d’un ?) en guise de nez a le regard perdu dans le lointain au-dessus de la trépidante Kathmandu, regard calme et méditatif.

Je l’interroge sur « TARA » mais il reste silencieux et songeur. Nous reprenons les minibus pour Patan, dans la vallée de la rivière Bagmati.

À Patan et surtout à Durbar Square, il y a pléthore de temples, de palais, dont l’ancien Palais Royal et celui de la Kumari. Les Kumari sont des petites filles qui sont choisies dès leur plus jeune âge pour incarner la

forme virginale de la divinité la plus terrifiante du panthéon hindou. Terrible et dure mission. Elles vivent cloîtrées dans leur palais, à Patan bien sûr, mais aussi dans d’autres villes.

À leur puberté, elles sont destituées et on en choisit une autre. Nous verrons les fenêtres de la Kumari mais elle n’y apparaîtra pas. Les Kumari ne sont visibles qu’à certaines grandes fêtes ; elles sont alors montrées en grandioses processions à la grande joie des foules. Mais leur prime jeunesse ne paraît pas très rigolote. Sujit restera peu prolixe sur le sujet.

Nous parcourons Durbar Square au milieu d’une foule colorée, agitée, bruyante, des étals de marchandises diverses, de nombreux policiers et quelques babas, ex-soixante-huitards attardés, chevelus et barbus, vieillissants et ayant comme un air de vieux fakirs fatigués dans leurs saris orange et crasseux, lamentablement pittoresques, ils font la manche… avec un succès mitigé, mais rigolent béatement.

(04) Nous quittons Durbar Square un peu étourdis, néanmoins éblouis par la beauté des temples et palais, et nous rendons sur une grande et relativement calme place où est disposée une espèce de marché aux puces, d’antiquités extrêmement variées. On n’y trouve que du faux ressemblant à s’y méprendre à du vrai, mis à part quelques objets manufacturés avec soin et pouvant servie de souvenirs ne servant à rien…

Il faut marchander ferme, l’endroit est pittoresque et vaut bien le détour. Il nous permet de reprendre un peu nos esprits après les merveilles architecturales admirées à Durbar Square qui, lui, est un passage obligé.

L’après-midi, nous quittons le « Yak et Yeti » pour Pokhara. Sujit nous accompagne à l’aéroport, nous le retrouverons après notre « Grand Tour ».

POKHARA

Jolie petite ville, sympathique hôtel, piscine au bord d’un lac azuréen dominé par les majestueux et immaculés sommets de l’Himalaya tout proche.

De bon matin, un petit avion nous conduit après un inoubliable vol entre Anapurna et Daulaghiri, à Jomosom.

(05) C’est là que commence le Grand Tour du Mustang. Le rêve mûri, préparé, attendu est atteint mais ne fait que commencer. Il va durer 14 jours et c’est bien pour un rêve devenu réalité. La réalité me fera-t-elle découvrir le mystère de « TARA » ?

Narrer un rêve d’une aussi longue durée, jour après jour, relèverait de l’exploit et pourrait être fastidieux, nous donnerons plutôt nos impressions et ferons part de nos émotions.

L’ÉQUIPE D’ACCOMPAGNEMENT

Neuf hommes de 20 à 45 ans. C’est le « sirdar », chef d’équipe, Kaji, qui la dirige. Il a deux adjoints : Santi et Eddy. Santi marche souvent en tête de nos progressions et donne l’allure selon le terrain. Galden, futur adjoint, apprend et aide dans tous les domaines.

Raju, « cuisinier chef » et intendant veille à ce que ses clients et toute l’équipe soient bien nourris. Et ils le sont !

Bouddha et Gopal, de vrais faux jumeaux impossibles à différencier, inséparables, sont cuisiniers et trottent, toujours en tongs quel que soit le terrain, avec de lourdes charges sur le dos, une sangle sur le front. Ils n’arrêtent pas de rire et sont gais comme des pinsons.

Ratna est le palefrenier. Il prend un soin extrême des petits 5 chevaux de notre caravane, les étrille et les nourrit avec un soin jaloux.

Enfin, Narayan, est l’homme à tout faire. Il sait tout faire et s’y emploie avec bonheur là où on l’appelle.

Ces 9 hommes sont admirables de dévouement et de gentillesse, aux petits soins pour nous, pour notre confort. Aucune obséquiosité de leur part, ils sont naturellement bons, ils sont à notre disposition, pas à notre service. Les Népalais sont vraiment très gentils.

(06) Anecdote : pour ma part, je ne « fais plus très jeune ». Eddy et Santi avaient bien repéré mes cheveux blancs. Ils m’ont appelé « batzé » tout de suite et, en cheminant sur des pentes parfois raides, ils m’interpellaient : hé ! batzé, batzé, tsik-tak ? tsik-tak ? Et aussi : « bistaré, bistaré batzé ». J’ai vite compris et traduit : hé ! grand-père, ça va ? ça va ? Et, « doucement, doucement Papy ! » ; gentils et drôles non ?

Chaque matin, Santi et Eddy viennent nous tirer de nos sacs de couchage par un aimable « bonzour », en nous présentant une tasse de thé brûlant, puis une cuvette d’eau chaude pour une toilette sommaire avant le petit- déjeuner copieux qu’ils nous servent avec une extrême courtoisie. Pareil pour les dîners. Les déjeuners étant le plus souvent des pique-niques.

Namaste : Sujit nous avait expliqué : Namaste vient du

sanskrit : obéissance, dévouement. Salutation réitérée à chaque rencontre avec qui  que  ce  soit, elle signifie : « Que l’ensemble de vos qualités soient bénies et protégées des dieux ». C’est devenu : bonjour ! bonsoir ! hello ! salut ! Et, en principe, on prononce ce salut en joignant les mains au niveau de la poitrine avec une légère inclination de la tête. Mais c’est sans fin, qu’on se croise, qu’on se double, qu’on se rencontre. C’est sans fin que l’on dit « namasté » et c’est le premier qui le dira qui aura gagné. Namaste, donc.

Les moulins à prières : ce sont ces moulins qui sont disposés en longues rangées sur un muret abrité de la pluie par un petit toit en pierres sèches, à l’entrée des villages. En bois, en métal et parfois « à vent », ils contiennent la formule gravée ou peinte « Om Mani Padme

(07) Um » (béni soit le joyau sacré du lotus), le mantra de Grande Compassion. On se doit de les contourner (dans le sens horaire) à chaque fois que l’on en rencontre un, et ils sont nombreux ! Les Népalais s’y emploient consciencieusement en prononçant la formule sacrée, qu’ils en croisent un solitaire ou une longue série.

Les stûpas : Ils sont partout très anciens et un peu délabrés ou tout neufs. On les contourne toujours par la gauche et sont très respectés par les Népalais. Parfois ils contiennent des reliques.

Les chortens : tumulus de pierres, ils sont à l’origine des stûpas. À chaque col (« La » en népali) ou sur un sommet on trouve un chorten. Un grand mât en sort et plein de cordes sont tendues du sommet de ce mât vers le sol, où sont accrochés de multiples et colorés drapeaux de prières, prières que le vent est censé emporter vers le ciel, c’est évidemment très beau.

À chaque « La » qu’ils franchissent, qu’ils soient pèlerins, sherpas ou marcheurs, les Népalais rajoutent une pierre en prononçant un bref mantra « So, So, les dieux sont avec nous… ». Quand on approche d’un « La », on trouve de moins en moins de pierres sur les cols de haute altitude, le Cha Cho La par exemple, le chorten n’est pas considérable. C.Q.F.D. !

Les temples et les lamas : la religion majoritaire au Népal est le bouddhisme tantrique. Nous ne saurions nous étendre sur cette doctrine à l’extrême complexité et renvoyons le lecteur aux ouvrages l’explicitant en détail.

(08) Nous ne parlerons que d’un seul temple tant ils sont nombreux, à la fois semblables et différents… C’était au point le plus au nord de notre grand tour du Mustang. Les montagnes les plus proches établissent la frontière entre le Népal et la Chine (Tibet).

Un moment d’émotion parmi d’autres.

Nous nous étions rendus, à cheval, depuis Lô Mantang jusqu’au monastère de Nyphu Gompa. Accroché, presque suspendu à une falaise et niché dans une grotte. On y

accède par un raide escalier. Kaji, notre sirdar, alors que nous y arrivons, obtient l’autorisation de nous laisser pénétrer en son sein. C’était le moment de la prière. Une fenêtre donnait un peu de clarté à une assez grande pièce, relativement sombre.

Neuf lamas, trois d’un âge certain, trois adultes et trois moinillons psalmodiaient des mantras, assis sur des tapis disposés à même le sol.

(09) Tout à coup, ils arrêtèrent leurs récitations et se mirent à jouer de la musique, syncopée, rythmée. Un des moins jeunes joua des cymbales, deux des adultes aussi, le troisième frappait un tambour, il donnait le rythme.

Quant aux moinillons, l’un se mit aussi aux cymbales, les deux autres, robustes adolescents, réussirent à émettre de leurs très longues trompes de longues sonorités très graves ressemblant un peu à une sirène de paquebot. C’était fort bruyant et beau à la fois. C’était magique et émouvant de se trouver là, à 4 100 m d’altitude, là où l’air se fait rare (mais les jeunes moines ont du souffle, eux !) au bout du monde. Magique et émouvant. Oui, vraiment.

Mais « TARA » dans tout ça… la belle goélette de l’Antarctique et des « Montagnes du Silence ». Rien de nouveau, j’ignore toujours ce que signifie Tara. Nyphu ne m’en a pas livré le secret.

Les villages et les bourgs : Tous semblables et tous différents. Souvent perchés en forteresses à l’à-pic de falaises verticales le long de la Mustang River. Le caractère défensif des villages se comprend si l’on sait que c’est par cette vallée que transitaient le commerce du sel, les caravanes et les invasions…

(10) Semblables, mais ayant chacun un caractère propre, nous ne nous attarderons ici que sur Lô Mantang, véritable forteresse à 3 800 m et capitale du Royaume du Népal. C’est un gros bourg entièrement ceint de hautes murailles ponctuées de 14 tours. Un labyrinthe de ruelles étroites où les vaches circulent en ruminant d’improbables songes.

Deux très longs murs à manis, trois temples dont celui, magnifique, Lampa Gompa, une jolie place quadrangulaire avec la poste, le téléphone, des antiquaires, une épicerie et un ordinateur à votre disposition

Et puis le palais (modeste) du Roi du Mustang.

Celui-ci, à défaut de véritable pouvoir et manquant, peut-être, de distractions, nous avait invités à le visiter. Nous nous rendons donc, en grande cérémonie, lui présenter nos respects les plus sincères.

(11) « Jigme Palber Bista », vingt-deuxième roi du Mustang, nous reçoit avec une amabilité aussi courtoise que royale. Après quelques échanges anodins mais polis, le roi nous propose fort aimablement de lui poser quelques questions : « Majesté, pourriez-vous m’éclairer sur la signification du nom, du terme du mot « TARA » ? Le roi acquiesce, répond, et l’interprète traduit : « Tara » Sir, est une des grandes divinités de notre religion, elle est double et ses deux formes sont très vénérées chez nous. Ce sont Tara la Blanche et tara la verte. Elle est l’épouse du dieu Shiva, le dieu de la destruction qui préside à toute création ».

« Merci beaucoup, Majesté, ai-je répondu un peu ému et heureux de savoir enfin ce que Tara voulait dire.

Les cols de montagne (La, en népali)

Le sentier qui mène à un col est parfois assez raide. C’est avec soulagement qu’on atteint ce passage obligé de vallée quelque peu essoufflé. Au terme de la montée apparaissent, petit à petit, les sommets de montagnes invisibles depuis le fond des vallées. Au col de Cha Cho La (4 188 m), on se trouve face à une suite de sommets dont la vue laisse le marcheur muet, étourdi, ébahi, saisi d’émotion devant la beauté, la grandeur du spectacle. Les grands 8 000 se montrent « en majesté » : glaciers bleus suspendus aux parois verticales, corniches ourlées d’ombres dont les vents font voler la neige en volutes immaculées sur fond de ciel bleu marine… et le silence, le grand silence des montagnes inaccessibles, si lointaines et si proches à la fois. Grand moment d’émotion, récompense offerte par ces sommets à celles et ceux qui les contemplent éblouis.

(12) Retour à Jomsom. Le grand tour du Mustang est terminé, la boucle est bouclée, retour à Kathmandu, Sujit, Yack et Yeti. Deux jours (journées de sécurité non utilisées) nous restaient avant le départ pour la France.

Visites de la très belle, très ancienne et très séduisante ville de Baktapur et celle, magnifique et vierge de toute modernité : Bodhnath… un retour au Moyen Âge.

Dans l’avion qui nous ramenait vers l’Europe, je me remémorai la conversation avec Paulo : « Si tu veux savoir ce que signifie Tara, viens au Népal avec moi… » et la réponse brève et concise du roi du Mustang à ma question : Tara, déesse du panthéon bouddhique.

Merci à Paul Pellecuer qui a conduit, à bord de Tara la belle goélette blanche, « ceux qui n’entendent pas », dans les 40e rugissants et les 50e hurlants vers les Montagnes du Silence, en Géorgie du Sud et m’a fait connaître le silence des montagnes au pays de Lô, Haut Mustang, Népal.

Frédéric Millot.